Arrêtez tout ! Tout ce dont vous avez besoin est là, près de vous. Ou peut-être à deux pas ( en faisant attention aux Lego qui traînent ).

Maria Montessori a élaboré sa pédagogie en évoluant autour d’enfants de milieux défavorisés, et aujourd’hui on nous vend des jeux estampillés Montessori à des prix parfois exorbitants. Pourtant je vous assure que lorsque l’on prend le temps de lire ses travaux ( et pas Que des bouquins qui arrondissent les bords ), il n’a jamais été question de dilapider l’héritage d’un enfant pour réussir à l’éveiller correctement. Parce qu’on nous a fait croire que la valeur était dans la beauté ( définie par l’adulte ) et dans la dénomination ( d’où l’exemple frappant de Montessori ). Parce que le jouet n’est plus fait pour l’enfant, mais pour l’adulte. Le jouet doit se fondre dans le monde de l’adulte, et surtout ne pas détonner dans un environnement épuré, où le prisme des couleurs ne vaut pas mieux que Satan, sauf s’il est en bois (écoresponsable). Alors que tout est aseptisé, modelé, je vois mes enfants courir dans la mer en plein hiver ou jouer aux billes avec des crottes de biquette ( 3 parties avant que le malheureux se penche sur l’origine de ces billes végétales ! ) … et je me dis que parfois, je l’aimerai bien moi, la petite yourte au milieu du Larzac ( en Mongolie ça marche aussi ) avec mes biquettes ( et la wifi ).

Finalement, tout est parti de travers lorsque l’on a confondu beauté et simplicité. Lorsque l’on s’est mis à voir l’enfant comme une étiquette, un reflet de l’adulte que nous sommes, visible aux yeux de tous, sans filtres. Une existence parfaite, dans une maison parfaite, avec des enfants parfaits, jouant à des jeux parfaits. Et moi, je donne des conférences sur le lâché-prise, la charge mentale ou encore la parentalité instinctive. J’en ai vu des parents arriver avec un cabas ( en coton bio ) rempli de livres sur la parentalité, bon parents/mauvais parents, Montessori, Dolto and Co …. combien de « Regardez on a fait comme c’est écrit là … et puis là aussi !! »

Combien de fois j’ai eu envie de leur hurler que NON leur enfant n’est pas un dessin de BD. Qu’il ne leur dira jamais « Merci maman de me faire accepter la frustration et de m’aider à grandir en acceptant mes émotions ». A certains j’ai dit que je me suis plantée plus d’une fois, comme eux, et qu’on se plantera encore de nombreuses fois. A beaucoup j’ai répondu que nous sommes humains, pas programmés pour élever des mini humains en faisant abstraction de nos émotions, de notre histoire, de nos envies. Si on y réfléchit bien, on a tous quelque chose à reprocher à nos parents; Ils ont fait au mieux, avec ce qu’ils avaient, avec ce qu’ils pensaient bon pour nous. Il serait peut être bon de prendre leur exemple, pour cette fois. Fermer les livres, regarder ce que l’on a et faire avec. Etre conscient de tous ces outils que la psychologie et les neurosciences nous apportent, c’est génial. Mais le but n’est pas de créer une société uniforme. Le rôle de parent est d’aider des mini-humains à devenir les meilleurs adultes possible. Mais avec chacun leur propre histoire, faite de casseroles, de jolis souvenirs, de larmes, de chutes et de mains tendues. Je me suis toujours dit que pour que mes enfants soient bien dans leurs pompes, je devrai être bien dans les miennes …. pour preuve, lorsque j’ai mal aux pieds, je vous assure que le niveau de décibels et très ( trop ) élevé dans la maison !

On peut tout envoyer valser, l’heure du bain, les qu’en-dira-t-on de la voisine ou de la famille, les papiers pas rendus à temps, les chaussettes dépareillées et les couettes de travers. On peut laisser la maison sans dessus dessous, s’allonger sur le canapé et lire une histoire aux enfants, ou ce que je préfère, danser au milieu du salon sur ma playlist inavouable. On peut faire ce que l’on veut avec ce que l’on a, du moment que cela nous ressemble. Puisque cela vient de nous, si ça sort des tripes, lorsque c’est l’instinct qui vous pousse, alors dîtes vous que c’est la meilleure réponse, là, au moment présent, celui qui compte pour vos enfants.

Je ne dis pas que je connais la recette pour fabriquer l’enfant de la BD, heureux d’accepter la frustration du rab de gâteau au chocolat qu’il n’aura pas. Mais je sais être heureuse avec ce que j’ai, sans charge mentale, sans la pression du qu’en-dira-t-on, juste en m’écoutant Moi … et mes enfants (quand ils ne parlent pas tous en même temps).

Alors c’est peut être un peu décousu tout ça, mais c’est ce que j’ai envie de reprendre par ici. Ecrire des petites brides de vie, qui peut-être pourront en éclairer d’autre. Et puis aussi parce qu’écrire me manque, que j’ai un bouquin sur le feu depuis bien trop longtemps ( qui promis ne donnera pas de recettes magiques ), et que vous êtes nombreux à me demander Quand je vais me décider à reprendre le blog (et ça, c’est quand même hyper boostant/gratifiant).

Il est 00:29, je retourne me coucher avant que la frénésie de vouloir changer le monde ( à mon échelle ) ne me reprenne. Nan parce que ça fait des mois que je réfléchis à un max de trucs à vous raconter !!!

Aller, Be yourself en chaussettes à paillettes,